—Je ne prendrai rien du tout.
Pauvre François! Quelle soirée!
Le remords, pour la première fois, entrait en lui, douloureusement, avec la fougue passionnée d’une petite âme toute neuve.
Il souhaitait bien de réparer. Mais vendre ce bien volé, qu’on lui laissait en main, bénévolement. La chose lui semblait horrible.
Par une faveur spéciale, on nous permit le lendemain d’aller à la messe à Versailles.
Il fallait soutenir François, et le délivrer promptement. Nous voulions tout lui acheter et le ramener vite en triomphe, malgré les prédictions dont nous poursuivait ma tante, certaine, disait-elle, que nous ne le retrouverions même pas.
Très droit, très propre; l’air au supplice, avec certainement alors la notion du bien dans le cœur, François offrait sans dire un mot les rameaux posés à ses pieds.
Je ne vis que lui sur la place. Il me semblait un jeune martyr, et, laissant mon frère s’occuper du partage que nous venions faire, je pris les mains du petit et les lui secouai follement.
Un quart d’heure après, le cœur inondé de tendresse, et les bras chargés de verdure, comme le peuple d’autrefois que voulaient rappeler nos palmes, nous entrions à Notre-Dame.
La sixième tasse aujourd’hui est repoussée entièrement; mais on la laisse s’écheveler, comme tout le jardin au buis du reste, depuis que grand-père n’est plus là.