«Comme ça», expliqué si doucement que Catheline ne songeait plus qu’à son amour et à son Séverin.
Ou bien il se fâchait, se plaignait de son exigence, criait bien haut et bien fort, les jours où il avait eu vraiment tort:
—Alors, je ne vais plus maintenant avoir le droit de parler aux femmes? Je ne peux plus les aborder?... Et si je m’approche d’une d’elles, puis-je le faire d’une autre façon que câlinement ou gentiment? C’est dans mes doigts et dans mes yeux, et c’est ça que tu aimes en moi.
Ou bien il arguait de la prudence et de la raison.
—Veux-tu donc que je t’affiche? Ni ta mère ni la mienne n’ont dit oui jusqu’à présent pour le mariage que nous voulons.
«Si je ne vais jamais qu’à toi, c’est mettre ton nom avec le mien dans toutes les bouches du village.
«Laisse au contraire, qu’en apparence, je m’occupe de toutes les filles, que je les amuse et les courtise, et à toi seule, dans le secret, je parlerai comme à personne.»
A quoi elle répondait avec la simplicité de sa grande tendresse:
—Fais comme tu veux si tu dis vrai. Mais cet amour-là, c’est toute ma vie; penses-y seulement, Séverin.
Ce qui n’avait pas mené Séverin fort loin dans ses réflexions, s’il y avait pensé, en effet, puisqu’on avait appris un jour que la Margot venait de se louer pour vendanger en Bordelais, et que le garçon la suivait.