— Comment êtes-vous ici, madame ?…

Elle paraissait plus ennuyée que choquée.

Mais déjà Émilie, perdant toute notion de respect, dans l’ardent désir qu’elle avait de m’emmener de cette maison, l’interpellait :

— Madame Seddia, je vous en prie, dites-nous où cette folle de Zénab nous a conduites ?… Bien sûr, ce n’est pas ici la place d’une jeune dame comme ma maîtresse…

Seddia sourit. L’agitation de ma pauvre Émilie l’amusait.

— Mais, ma bonne, vous êtes dans un lieu très convenable. La hanem qui vous a reçues est professeur de musique et de danse, c’est l’heure de la leçon et je suis moi-même chargée de l’accompagnement. Allez-donc vous asseoir là-bas, dans cette pièce. Vous verrez les danses… Surtout rassurez-vous ; « madame » (et elle me désignait) ne court aucun danger…

Émilie obéit, sans cependant se montrer ni très satisfaite, ni très tranquille.

Alors, à mon tour, j’interrogeai Seddia. Je pensais bien qu’on ne donne pas de leçons après neuf heures du soir, surtout en Égypte.

— Voyons, Seddia, soyez au moins franche avec moi…

Notre compatriote parut embarrassée, mais tout de suite la légèreté naturelle de sa petite âme Montmartroise prit le dessus ; elle déclara :