La porte fut ouverte à deux battants, l’eunuque prit la tête du cortège et la zaffa[38] commença. Rien ne saurait égaler ma surprise et aussi mon indignation, en voyant les musiciennes, que je savais être recrutées parmi les pires courtisanes de la ville, venir prendre la mariée dans sa chambre et marcher devant elle à reculons, en entonnant l’épithalame. Les vierges marchaient des deux côtés de la mariée, soutenue par ses sœurs.

[38] Procession nuptiale.

Les musiciennes chantaient :

Elle vient d’en haut en se balançant, blanche avec de longs cheveux d’or.

Refrain : Ya la la ! Ya la li !

Ses cheveux tombent en longues et belles tresses.

Son front ressemble au croissant de la lune pendant le mois de Chaabane.

Ya la la ! Ya la li !

Ses sourcils sont tracés au pinceau.

Elle a des yeux de gazelle, un nez petit comme les azeroles de Syrie, des joues rondes comme des pommes.