Elle reprenait sa danse le front, les joues ornés de ces attributs barbares, et c’était là le talent, il fallait les retenir tout en dansant. Comme elle était habile, bientôt sa jeune face et sa poitrine disparurent sous le métal et de furieux applaudissements la récompensèrent.

Mais, déjà, des chuchotements m’intriguaient du côté de l’escalier, ce fut aussitôt un bruit de voix et, tel un vol de colombes apeurées, des nuées de femmes se précipitèrent en criant :

— Le marié ! le marié ! El Arisse !

Alors, la mère du jeune homme cria de toutes ses forces :

— Mesdames ! que celles qui ont honte (sic) sortent. Que les autres se taisent et tâchent de rester tranquilles.

Bien peu sortirent… Quelques vieilles femmes, des plus laides, firent semblant de se voiler la moitié du visage avec un mouchoir ; les autres, non seulement demeurèrent, mais, plus effrontées que des passereaux, elles grimpèrent sur les fauteuils et les chaises, sans souci du dégât, pour mieux regarder. De nouveau, le zarghout fit rage !

Dans un tapage assourdissant, l’époux, aussi tremblant, aussi affolé que la frémissante jeune fille, fit son entrée. Il était soutenu par l’eunuque de la famille et le frère de la fiancée.

Il avait préalablement fait une courte prière au seuil de la pièce, pour appeler les bénédictions du ciel sur son union ; et maintenant, ses devoirs religieux accomplis, il s’avançait vers l’inconnu avec une hésitation bien compréhensible.

La mère avait baissé le voile de l’épousée. Le jeune homme, d’un geste brusque, arracha ce voile.

Dans l’antique Égypte musulmane, au temps des khalifes, la femme devait alors se prosterner et baiser la main de l’époux qui la relevait, en disant :