— Je t’élève jusqu’à moi.

Aujourd’hui, dans le monde élégant surtout, les coutumes sont plus conformes à la galanterie européenne.

Le mari, après avoir regardé sa femme, l’embrasse simplement, et s’assied sur le trône, à côté d’elle. Les deux mères du couple et les frères aînés viennent alors embrasser les deux époux. Tout cela se passe devant les invitées qui, pour rien au monde, ne donneraient un spectacle aussi curieux, bien que déjà vu.

On se figure aisément la gêne extrême des mariés. Il faut que le Ciel leur ait départi des grâces spéciales pour endurer, jusqu’au bout, une situation aussi ridicule.

Le mari a donc hâte d’emmener sa jeune femme dans la chambre nuptiale.

Les mères et deux matrones les suivent.

Ici se place une phase de la cérémonie, bien difficile à expliquer.

Avant de devenir l’époux selon la nature, l’Égyptien de race pure doit, pour obéir à la coutume ancestrale, se rendre compte si la marchandise qu’on lui a livrée sur parole est aussi intacte qu’on le lui a affirmé.

Brutalement, à l’aide d’un mouchoir de fine batiste, il demande au pauvre corps, qui se révolte et se débat en sursauts désespérés, la preuve qu’il va pouvoir exhiber triomphalement à ses proches et à la famille de la vierge reconnue telle en cette barbare solennité.

Après cet acte de possession, il demeure quelques instants à consoler la pauvre petite, puis redescend parmi les invités mâles, pour témoigner sa satisfaction à tout le monde et achever la nuit avec ses camarades.