Celle-ci entre autres.

A l’époque de l’ouverture du canal de Suez, tous les princes régnants de l’Europe furent invités à l’inauguration solennelle.

Tous furent également les hôtes d’Ismaïl qui avait pour habitude de pourvoir à tous les frais des touristes de marque qui visitaient l’Égypte ; sa générosité s’étendait même jusqu’aux simples particuliers, dont il faisait payer les notes d’hôtel par ses intendants sitôt que ces étrangers lui étaient présentés.

Aucune réception cependant n’égala celle qui fut réservée à l’impératrice des Français.

La souveraine, même dans ses rêves les plus fous, n’avait pu souhaiter un hommage pareil à celui qui l’attendait sur la vieille terre pharaonique.

Comme elle s’étonnait un jour de ne pas voir plus d’orangers et de grenadiers — en Espagnole fidèle au souvenir des parfums et des fruits du sol natal, — le Khédive, prévenu, invita la jeune impératrice à faire avec lui une excursion aux Pyramides où un véritable petit palais avait été élevé en son honneur.

Quand le landau dans lequel les souverains avaient pris place pour se rendre au but de la promenade arriva sur la route qui, trois jours plus tôt, montrait de chaque côté l’immense étendue de ses plaines nues, l’impératrice des Français ne put retenir un cri d’étonnement et d’admiration. Bordant le chemin que devaient suivre les augustes promeneurs, un véritable bois de grenadiers, de citronniers et d’orangers en fleurs mettaient la parure de leurs feuillages, transformant le paysage aride en un coin de jardin délicieux.

Le vice-roi d’Égypte avait fait planter ces arbres à prix d’or, en quelques heures, à seule fin de réjouir les yeux de la belle princesse qui l’accompagnait.

Arrivée aux pieds des Pyramides, l’impératrice fut conduite par son hôte, aux appartements créés pour elle, dans ce palais du miracle construit en quelques heures.

— Vous êtes chez vous, madame, dit le vice-roi.