Et moi de répondre :

— Non, mon cousin, merci !

— Vous permettez que j’en boive un peu ?…

— Comment donc !…

Et je lui tends le fiascho qu’il a devant lui. Il boit sec et commence à retrouver la parole, lui qui ne parle presque jamais.

C’est alors que Zénab se rapproche, vraie chatte gourmande, et réclame sa part.

Généralement, elle invente un malaise, une souffrance quelconque, qui la force à demander de ce vin qui est un remède, « un vrai remède, seigneur ! » En demanderait-elle sans cela, elle qui se targue d’être une si bonne musulmane ?…

Ce soir, elle ne va point faillir à son habitude.

— Zénab, interroge le cousin, pourquoi veux-tu boire de ce vin ? Tu sais bien que c’est défendu…

— Je le sais, seigneur… mais j’ai mal ! Ah ! j’ai si mal ! Donnez-m’en rien qu’un peu, une goutte pour guérir mon pauvre estomac qui me brûle.