—Il marche vite pour un vieil homme, dit Harris.

Il gravissait évidemment la côte avec une très grande rapidité. Si bien que, autant que nous pussions en juger d'aussi loin, il nous sembla remarquablement gai, chantant et criant à tue-tête, et agitant les bras.

—Quelle bonne humeur a ce vieux! dit Harris, cela réconforte, cela fait du bien à voir. Mais pourquoi porte-t-il son bâton sur l'épaule? Pourquoi ne s'appuie-t-il pas dessus pour gravir cette rude montée?

—Dites donc, je ne crois pas que ce soit un bâton, dit George.

—Qu'est-ce que cela peut être alors? questionna Harris.

—Mais il me semble bien que cela a une vague allure de fusil, répliqua Georges.

—Ne croyez-vous pas que nous nous sommes peut-être trompés? suggéra Harris. Ne croyez-vous pas que ceci ressemble fort à un verger privé?


Je répondis:

—Vous souvenez-vous de cette histoire tragique, arrivée il y a bientôt deux ans? Un soldat cueillit quelques cerises en passant devant une maison et le paysan auquel appartenaient ces cerises sortit de chez lui et tua le militaire sans un mot d'avertissement.