de ce pays que le lait, le vin, et les richesses des champs jaunis de blés font rivaliser en gloire avec l’antique Italie.
Mais pourquoi ces excuses ? Regardez Ulysse : les terres de Laërte avaient beau être stériles, car Bacchus et Cérès n’y donnaient rien ;
C’est dans cette patrie pourtant qu’il revint : et, comme il revenait, rien ne l’arrêta, pas plus la charmante Calypso que la charmante fille d’Alcinoüs.
Heureux qui a vu des peuples nombreux, leurs usages, leurs villes, et qui vieillit ensuite dans la maison qui est à lui !
Au lieu de sa naissance chacun veut revenir ; les pays étrangers ne plaisent pas longtemps ; les fauves mêmes cherchent toujours à regagner leur tanière.
Quand donc le verrai-je enfin, le toit fumant de la chaumière que je sais, et, toutes maigres qu’elles sont, les terres de mon domaine à moi ?
Non ! ce ne sont point les Sept Collines qui me touchent l’âme, et rien ne me retient, ému, devant les eaux du Tibre.
Non, mon cœur n’est pris par rien des monuments des vieux Romains, ni de leurs statues, et la peinture d’un tableau ne m’enchante pas.
Non, les Nymphes de Laurente, ces forêts verdoyantes, et, si elles m’ont plu naguère, ces campagnes fleuries, rien ne me fait plaisir.
Elles-mêmes, elles aussi, elles qui dans mes premières années m’ont appris à jouer de la lyre en assemblant les mots de ma langue maternelle,