Huysmans disait encore, parlant de Guaita et de Péladan, qu'ils avaient tout tenté contre lui, avant et surtout après son roman Là-Bas.
Je suis certain, affirmait-il, qu'ils ont fait tout ce qu'ils ont pu pour me nuire. Et il racontait que chaque soir, à la minute précise où il allait s'endormir, il recevait sur le crâne et sur la face des coups de poings fluidiques.—Je voudrais croire, ajoutait-il, que je suis tout bonnement en proie à de fausses sensations purement subjectives, dues à l'extrême sensibilité de mon système nerveux; mais j'incline à penser que c'est bel et bien affaire de magie. La preuve, c'est que mon chat qui ne risque pas, lui, d'être halluciné a des secousses, à la même heure et de la même sorte que moi!
Ces fluides, Huysmans les comparait au souffle d'une machine d'électricité statique. Ils l'importunaient et l'empêchaient de dormir.
Il se rendit à Lyon, auprès de l'abbé Boullan, lequel, aidé de Mme Thibault, accomplit le «Sacrifice de Gloire» et le libéra du maléfice.
Après la mort de Boullan, Huysmans affirmait que la sensation bizarre de chaque soir avait redoublé, et que les attaques fluidiques avaient repris de plus belle. Il dut avoir recours à Mme Thibault qui restait, disait-il, «son unique bouclier par sa sainteté hors d'atteinte» et qui le délivra définitivement.
La lutte entre Boullan et ses ennemis dura jusqu'en 1893, date de sa mort.
Il se proposait de partir pour Paris, où il devait faire des conférences sur la kabbale, à la salle des Capucines, lorsqu'une mort mystérieuse le terrassa dans la nuit du 4 janvier 1893.
en croire les amis de l'abbé Boullan sa mort était due à des pratiques magiques: il avait été frappé par des mains invisibles et criminelles, armées de foudres occultes, de forces redoutables et inconnues.—J'étais à Lyon, disait Huysmans, lorsque parvint chez Boullan une des lettres de la Rose-Croix, signée de Guaita, condamnant à mort par les fluides celui qui vient de mourir. Mme Thibault assistait par la voyance aux coups repoussés de Lyon à Paris. Boullan, l'hostie à la main, invoquait les grands Archanges pour qu'ils pulvérisent ces ouvriers d'iniquité!