«Ce que je demande sans incriminer qui que ce soit, c'est qu'on éclaircisse les causes de cette mort. Le foie et le coeur par où Boullan fut frappé, voilà les points que les forces astrales pénètrent.

«Maintenant que des illustres savants tels que MM. Charcot, Luys et particulièrement de Rochas reconnaissent la puissance des envoûtements, dussé-je—moi qui suis un adepte de la magie—braver les fureurs homicides, je veux de nettes explications; je les veux comme doivent les vouloir MM. Péladan, de Guaita et Wirth, afin que leur conscience soit légère[9]

Note 9: [(retour) ]

Gil Blas, du 9 janvier 1893.

Le lendemain de la publication par Jules Bois, dans le Gil Blas, des accusations que l'on vient de lire, Huysmans les confirmait par l'intermédiaire de M. Blanchon, du Figaro, auquel il disait au cours d'une interview: «Il est indiscutable que de Guaita et Péladan pratiquent quotidiennement la magie noire. Ce pauvre Boullan était en lutte perpétuelle avec les esprits méchants qu'ils n'ont cessé, pendant deux ans, de lui envoyer de Paris. Rien n'est plus imprécis que ces questions de magie; mais il est tout à fait possible que mon pauvre ami Boullan ait succombé à un envoûtement suprême.»

Le 11 Janvier, Jules Bois revint à la charge dans le Gil Blas.

«Je tiens à affirmer, écrivait-il, que je ne suis pas l'ennemi de M. de Guaita; et je ne reçois pas non plus de mot d'ordre. Je n'ai eu avec le mage de l'avenue Trudaine, jusqu'ici, que les plus courtois rapports; mais devant les présomptions importantes qui m'ont été fournies, j'ai cru de mon devoir, et tout honnête homme l'aurait fait à ma place, d'affirmer que M. de Guaita avait maintes fois, depuis plusieurs années, menacé le docteur Boullan qui vient de mourir de cette mort si mystérieuse et si subite, et qu'il y avait, dans l'esprit de Boullan, la hantise, l'obsession, la douleur persécutrice de ces menaces.

Je ne veux pas en dire plus, mais ce que je dis là, je le maintiens entièrement. Le soir de mon article, M. J.-K. Huysmans a été plus particulièrement atteint par les fluides...»

Stanislas de Guaita protesta, par une note parue dans le Figaro, contre ces accusations d'envoûtement.

Jules Bois répliqua, dans le Gil Blas du 13 janvier, en ces termes:

«M. Stanislas de Guaita prétend que les envoûtements ne sont point son fait.