«Eh bien, en voici un qui est très clairement avoué, et par lui-même, dans son propre livre Le Serpent de la Genèse, à la page 477. Cet envoûtement—le plus terrible parce qu'il est collectif—était dirigé depuis longtemps déjà contre l'abbé Boullan, dit le docteur Baptiste, ce vieillard à qui les douleurs et les épreuves de sa vie avaient enlevé bien des forces.

«M. de Guaita a écrit ceci:

«... Dès le retour de M. Wirth, examen fait des pièces nouvelles, les occultistes réunis en Tribunal d'honneur, prononcèrent la condamnation du docteur Baptiste à l'unanimité des voix (23 mai 1889). Elle lui fut signifiée le lendemain...»

«... Que M. de Guaita ne vienne pas nous dire que sa condamnation était une condamnation platonique... La haine inexorable qu'il avait vouée au docteur Boullan, haine dont il avait créé le réseau serré et menaçant dans le coeur de tous ses amis, à lui Guaita, cette haine inexorable se resserrait de plus en plus, comme un étau de courroux contre cette victime solitaire.

«De cette condamnation, il y a l'une de ces trois conclusions à tirer:

«1º Ou M. de Guaita a plaisanté... il n'y avait pas de quoi et je dois dire que ce n'est point son habitude...;

«2º Ou M. de Guaita est insensé, condamnant quelqu'un en l'air, sans efficacité, sans qu'il y ait une sanction à ses paroles;

«3º Ou M. de Guaita a écrit, en toute connaissance de cause et d'effet, une sentence dont il savait la portée et dont il pouvait diriger les funestes applications. Condamnant Boullan, il était sûr, dans ce cas, de faire exécuter cette condamnation. Et alors je laisse à mes lecteurs et à lui-même, Stanislas de Guaita, le soin de qualifier une aussi cruelle conduite...»

Cette fois, de Guaita s'émut. Aux accusations de Huysmans et de Jules Bois, il répondit, dans le Gil Blas du 15 janvier:

«Voici plusieurs jours que la presse colporte sur mon compte certains ragots, d'un ridicule plus infamant, en vérité, pour les malveillants ou les naïfs qui ont lancé ce canard, que pour moi-même, aux trousses duquel il s'acharne.