«Je n'aurais jamais cru, lui dis-je, qu'une femme seule et un enfant de six ans pussent parvenir à de tels résultats en huit jours.

—Je n'y comptais pas non plus, me répondit ma femme, et voilà pourquoi nous avions voulu vous faire un secret de notre entreprise, afin de n'en avoir pas la honte en cas d'insuccès. D'un autre côté, je soupçonnais quelque surprise aussi de votre part, et je me suis dit: Je ne serai point en reste avec eux.»

Nous reprîmes le chemin de la tente. Cette journée fut une des plus heureuses que nous eussions encore passées, et j'eus soin de faire remarquer à mes enfants quelles jouissances pures et vraies le travail apporte à ceux qui s'y livrent.

Chemin faisant, ma bonne femme me rappela les plantes d'Europe qui étaient depuis huit jours à Falken-Horst, et elle m'invita doucement à m'en occuper si je ne voulais pas les laisser périr. Je lui promis d'y songer dès le lendemain.

La pinasse déchargée, nous la fixâmes au rivage, et la plupart des objets qu'elle contenait furent déposés sous la tente; chacun de nous se chargea comme il put de ceux qu'il était facile d'emporter, et nous reprîmes le chemin de Falken-Horst, où ma femme seule avait fait quelques apparitions depuis six jours pour soigner nos bestiaux, qui commençaient à souffrir de notre absence trop prolongée.


[CHAPITRE XVII]

[Encore un dimanche.—Le lazo.—Excursion au bois des Calebassiers.—Le crabe de terre.—L'iguane.]

Pendant notre séjour à Zelt-Heim et malgré les occupations qui nous ramenaient au vaisseau, nous n'avions point encore négligé de célébrer un dimanche. Le troisième tombait le jour de notre arrivée à Falken-Horst, et nous le célébrâmes par des exercices religieux et des lectures pieuses qui remplirent la matinée.

Quand nous eûmes dîné, je donnai à ma jeune famille la permission de reprendre ses jeux.