Fritz eut celui du tir et de la natation; il consistait en un fusil anglais et un couteau de chasse qu'il convoitait depuis longtemps.

Ernest eut, pour prix de la course, une montre d'or.

Jack eut une paire d'éperons et une cravache anglaise; et Franz, à titre d'encouragement, une paire d'étriers et une peau de rhinocéros pour s'en faire une selle.

Ensuite je me tournai vers ma femme, et lui présentai un joli nécessaire anglais, dans lequel se trouvaient réunis tous les objets utiles à une femme: dés à coudre, ciseaux, aiguilles, poinçon, etc.

Ma femme, surprise et heureuse, vint m'embrasser, et la journée finit, comme elle avait commencé, par un coup de canon. Nous allâmes alors goûter un repos dont nous avions tous besoin, et le sommeil ne se fit pas attendre.


[CHAPITRE XXX]

[L'anis.—Le ginseng.]

Peu de temps après cette fête, je m'aperçus que nous approchions de l'époque où nous avions commencé, l'année précédente, la chasse aux grives et aux ortolans qui étaient venus s'abattre en nuée si épaisse sur l'arbre de Falken-Horst, et que ma femme avait conservés salés dans le beurre. Cette provision nous avait fourni durant l'année, à diverses reprises, d'excellents repas; nous résolûmes donc de renouveler cette chasse avantageuse aussitôt que nous le pourrions. Nous allâmes visiter Falken-Horst, et nous trouvâmes que les oiseaux étaient déjà venus en grande quantité; aussi nous fîmes tous nos préparatifs de chasse, et nous quittâmes Zelt-Heim pour nous rendre à la maison de campagne. Mais je ne voulais pas user ma poudre pour de si petits oiseaux; aussi je pris la résolution de faire la chasse aux gluaux, comme les habitants des îles Pelew, qui prennent, avec des baguettes enduites d'une glu formée de caoutchouc et d'huile, des oiseaux beaucoup plus forts que les ortolans. J'en avais encore un peu au logis; mais j'en avais usé beaucoup; aussi je sentis le besoin de renouveler ma provision. Je donnai cette mission à Fritz et à Jack; ils devaient, du reste, trouver la provision à peu près faite; car nous avions eu soin de laisser des calebasses au pied des arbres auxquels nous avions fait des incisions, et nous avions eu la précaution de recouvrir l'ouverture de feuilles, de peur que le soleil ne les séchât trop tôt.

Mes enfants acceptèrent, cette promenade avec joie; ils sortirent leurs montures de l'écurie, préparèrent leurs armes, et, accompagnés des deux chiens, ils nous quittèrent au galop.