Soudain nous entendîmes un galop lointain, et je vis bientôt accourir nos deux enfants, qui nous saluèrent de bruyantes acclamations. Ils sautèrent à bas de leurs montures, et je me hâtai de leur demander: «Eh bien! avez-vous été heureux?

FRITZ. Oui, papa, nous avons fait beaucoup de nouvelles découvertes. Voici d'abord une racine que je nomme racine de singe; puis une calebasse pleine de caoutchouc, que j'ai recouverte de feuilles pour qu'elle ne versât pas en route.

JACK. En voici une autre, et puis une marmotte, ou je ne sais quelle bête. Voici de l'anis, et enfin voici une calebasse pleine de térébenthine qui pourra nous servir.»

Ces paroles furent dites coup sur coup pendant qu'ils étalaient leurs trésors. Tandis que nous les considérions, Jack reprit la parole: «Oh! comme mon Sturm a été vite! Figure-toi, Franz, que je pouvais à peine respirer, tant il courait. Ah! maman! je n'ai pas eu besoin de vos éperons, et j'ai presque été désarçonné. Ah! papa, il faudra des selles pour nos bêtes.

MOI. Oui, certainement; mais nous avons d'autres occupations plus importantes.

ERNEST. Jack, ton animal n'est pas une marmotte, j'en suis sûr; mais je ne sais trop ce que c'est.

MOI. Fais-le-moi voir.

JACK. Je l'ai trouvé dans une crevasse de rocher.

MOI. C'est le cavia capensis des naturalistes, animal doux et curieux de la famille du genre des marmottes, et qui a les mêmes habitudes. Mais où as-tu pris la plante d'anis, et comment l'as-tu reconnue?

JACK. J'ai cru d'abord que c'était tout autre chose; mais quand j'ai vu ce que c'était positivement, j'ai pensé à l'anisette, et je me suis empressé de le recueillir. La racine m'est restée dans les mains. Fritz prétendait que c'était du manioc; néanmoins j'en ai fait un paquet et je l'ai mis de côté. Tout en marchant nous avons rencontré notre truie entourée de ses petits; elle nous a reconnus, et elle a mangé avec avidité de cette racine. Nous avons voulu l'imiter, et elle nous a paru très-désagréable.