Sois utilement actif, tu auras mérité d'obtenir et tu pourras t'attendre à trouver: chez les grands, des grâces; chez les puissants, des faveurs; chez les hommes actifs et utiles, de l'appui, dans la multitude, de la sympathie; chez les individus isolés, de l'affection.
Dis-moi qui tu hantes, je dirai qui tu es, dit un vieux proverbe. J'ajouterai: dis-moi de quoi tu t'occupes, et je te dirai ce que tu pourras devenir.
Chaque individu doit penser à sa façon, car il trouve toujours sur sa route une vérité ou une espèce de vérité qui lui sert de guide; mais il ne doit pas se laisser aller sans aucun contrôle: le pur instinct ne suffit pas à l'homme, il le ravale au-dessous de sa dignité.
L'activité sans frein, quelle que soit sa nature, finit par faire banqueroute à la raison.
Dans les oeuvres des hommes comme dans celles de la nature, il n'y a de réellement digne de notre attention que les intentions.
L'homme ne se trompe si souvent par rapport à lui et par rapport aux autres, que parce qu'il voit un but dans un moyen; et qu'à force de vouloir agir en ce sens, il ne fait rien, ou fait le contraire de ce qu'il devrait faire.
Quand nous avons réfléchi sur une chose, et que nous avons pris la résolution de l'exécuter, elle devrait être si pure et si belle, que le monde ne pourrait plus que gâter notre oeuvre; par là nous conserverions toujours intact l'immense avantage de rétablir ce qui a été détruit, de rassembler ce qui a été dispersé.
Les erreurs, lors même qu'elles ne seraient pas complètes, sont toujours difficiles à rectifier; car il faut conserver ce qu'il y avait de vrai et le mettre à la place où il doit être.
Le vrai n'a pas toujours besoin de se corporifier; c'est déjà beaucoup quand il plane çà et là comme un pur esprit et éveille des sympathies intellectuelles, quand il vibre dans l'air doux et grave comme le son d'une cloche.
Les idées générales et les grandes vanités sont toujours sur le point de causer d'immenses malheurs.