Il existe une réflexion enthousiaste qui est de la plus grande utilité, quand on ne se laisse pas entraîner par elle.

On ne se prépare à l'étude que par l'étude elle-même.

Il en est de l'erreur et de la vérité comme du sommeil et du réveil. J'ai toujours remarqué qu'on se sent revivre, lorsqu'on se réveille d'une erreur pour revenir à la vérité.

On souffre toujours quand on ne travaille pas pour soi. Celui qui travaille pour les autres veut en profiter avec eux.

Le concevable appartient à la sensation et à la raison, et il s'adjoint toujours le dû et le convenable, son proche parent. Le dû, cependant, n'est lui-même qu'une convention propre à certaines époques et à certaines circonstances déterminées.

Nous ne pouvons apprendre quelque chose que dans les livres que nos facultés intellectuelles ne nous permettent pas de juger; l'auteur d'un livre que nous sommes en état de juger, pourrait s'instruire auprès de nous.

La Bible n'est un livre éternellement utile, que parce qu'il ne s'est encore trouvé personne au monde qui ait pu dire: Je conçois l'ensemble et je comprends chaque détail. Quant à nous, nous disons humblement: L'ensemble est vénérable, et les détails sont d'une grande utilité pratique.

La mysticité consiste à s'élever au-dessus de certains objets qu'elle laisse derrière elle, et dont elle se détache complètement. Plus ces objets sont grands et importants, plus la mysticité se croit grande et importante.

La poésie mystique des Orientaux, a l'immense avantage de laisser toujours à la disposition de ses adeptes, les richesses de ce monde qu'elle leur apprend à dédaigner. C'est ainsi qu'ils se trouvent toujours dans l'abondance qu'ils veulent fuir, et profitent sans cesse des biens dont ils cherchent à se débarrasser.

Il ne devrait pas y avoir de mystiques chrétiens, car la religion elle-même a assez de mystères; voilà pourquoi ses mystiques tombent dans l'abstrus, et s'abîment au fond du sujet.