Je crois qu'on pourrait appeler science, la connaissance générale, le savoir abstrait; tandis que l'art est la science en action. On pourrait ajouter que la science est la raison et l'art son mécanisme, c'est-à-dire la science pratique. Par là, la science deviendrait le théorème et l'art le problème.
On m'objectera peut-être que la poésie est un art, et que pourtant elle n'a rien de mécanique; mais je nie que la poésie soit un art et même une science. Les arts et les sciences s'apprennent par la pensée, et la poésie ne s'apprend jamais; elle est inspirée, et ses premiers mouvements se font sentir dans l'âme; voilà pourquoi il ne faudrait l'appeler ni une science ni un art, mais un génie.
Toutes les personnes bien élevées devraient se remettre à lire Stern, afin que le dix-neuvième siècle aussi apprenne ce qu'il lui doit et ce qu'il pourrait lui devoir encore.
La marche de la littérature a cela de particulier qu'elle plonge dans l'oubli les oeuvres qui ont exercé le plus d'influence, et qu'elle donne toujours plus de valeur et d'étendue aux effets qu'elles ont produit; aussi devrions-nous, de temps en temps, regarder derrière nous. Le meilleur moyen de conserver l'originalité que nous pouvons avoir, est de ne pas perdre nos prédécesseurs de vue.
Puisse l'étude de la littérature grecque et latine rester toujours la base d'une éducation distinguée.
Les antiquités chinoises, indiennes, égyptiennes, ne sont que des curiosités. Il est toujours bon de les faire connaître au reste du monde; mais elles ne sont jamais d'aucune utilité pour notre perfectionnement moral et esthétique.
Rien n'est plus dangereux pour la nation allemande, que de vouloir s'élever avec et par ses voisins. Il n'est peut-être pas de nation plus propre à se développer d'elle-même, et elle peut s'estimer très-heureuse que les étrangers aient tant tardé à vouloir bien la prendre en considération.
Si nous regardons en arrière dans notre littérature, d'un demi-siècle seulement, nous trouvons que rien n'a été fait par rapport aux étrangers.
Les Allemands ont été piqués du dédain du grand Frédéric qui les regardait comme non avenus; aussi ont-ils fait leur possible pour être quelque chose à ses yeux.
En ce moment une littérature universelle est sur le point de s'organiser. Tout bien considéré, les Allemands y perdront le plus; je les engage à prendre cet avertissement à coeur.