Désormais on sera fort embarrassé si on ne possède pas un art ou un métier. Le savoir ne suffit plus au milieu du mouvement rapide du monde; on s'y perd jusqu'à ce qu'on ait pu parvenir à prendre des notions sur tout.
La civilisation générale nous est imposée par le monde, sans que nous ayons besoin d'y contribuer; bornons-nous donc à acquérir des connaissances spéciales.
Les plus grandes difficultés sont toujours là où nous ne les cherchons pas.
Les auteurs modernes et plus originaux, ne le sont pas parce qu'ils disent quelque chose de neuf, mais par ce qu'ils disent des choses qui semblent ne jamais encore avoir été dites.
La plus grande preuve d'originalité est de faire fructifier et de développer une pensée qui nous a été suggérée, de manière qu'on ne puisse pas facilement deviner que tant de choses y étaient enfermées.
Il est des pensées qui sortent de la civilisation générale, comme les fleurs sortent des branches vertes d'un arbre. Dans la saison des roses, on voit partout fleurir des roses.
Tout dépend de la manière de sentir; elle fait surgir les pensées et leur donne son caractère.
Rien ne peut être reproduit avec une fidélité parfaite. On dira peut-être que le miroir du moins fait une exception, je répondrai que le miroir ne rend jamais parfaitement notre visage; il fait plus, il renverse toute notre personne, au point que la main droite devient la main gauche. Que ceci nous serve de guide pour nos observations sur nous-mêmes.
Au printemps et dans l'automne, on songe rarement à se chauffer, et cependant, lorsqu'on passe par hasard près d'un feu de cheminée, on trouve la sensation qu'il procure si agréable qu'on s'y laisse aller. N'en est-il pas de même de toutes les sensations?
Ne t'impatiente jamais quand on ne veut pas admettre tes arguments.