Ses longs cheveux épars flottaient au gré des vents;

Au pied de l'échafaud, sans changer de visage,

Elle s'avancait à pas lents.

Il y a bien des sons clairs dans le premier vers; dans le second, il y a trop d'ïambes. L'auteur paraît avoir voulu qu'on les marquât bien, afin de nous montrer les vents venus des quatre points cardinaux, et profitant des derniers moments de la pauvre Jeanne pour tirer ses cheveux à hue et à dia. Le troisième vers est d'une maigreur trop visible, mais le quatrième est le bouquet. Casimir Delavigne s'est-il figuré qu'en ne mettant que huit syllabes et en terminant par pas lents, il représenterait bien Jeanne prête à être brûlée vive? Voici les voyelles du vers (je ne compte pas l'e muet, qui est absorbé presque entièrement): è, à an, è, à, â, an. Quelle musique!

Il est évident, d'ailleurs, que l'harmonie des vers reste subordonnée au sens et au bon sens, autrement les vers suivants de Malherbe, sur la pénitence de Saint-Pierre, seraient superbes.

C'est alors que ses cris en tonnerres éclatent,

Ses soupirs se font vents qui les chênes combattent;

Et ses pleurs qui tantôt descendaient mollement,

Ressemblent au torrent qui des hautes montagnes,

Ravageant et noyant les voisines campagnes,