| 1 | Furor uterinus | 31 | 2 | en | 100 |
| 2 | Un pouce au-dessous de Furor | 30 | 4 | en | 100 |
| 3 | Pour être complètement satisfaite | 29 | 6 | en | 40 |
| 4 | Passions extravagantes | 28 | 10 | en | 50 |
| 5 | Désirs insurmontables | 27 | 12 | en | 60 |
| 6 | Palpitations enchanteresses | 26 | 6 | en | 20 |
| 7 | Chatouillement déréglé | 25 | 8 | en | 30 |
| 8 | Frénésies d'occasion | 24 | 9 | en | 17 |
| 9 | Langueurs perpétuelles | 23 | 5 | en | 18 |
| 10 | Affections violentes | 22 | 3 | en | 12 |
| 11 | Appétits incontestables | 21 | 6 | en | 25 |
| 12 | Démangeaisons lubriques | 20 | 1 | en | 3 |
| 13 | Désirs déréglés | 19 | 3 | en | 4 |
| 14 | Sensations voluptueuses | 18 | 1 | en | 1 |
| 15 | Caprices vicieux et opiniâtres | 17 | 4 | en | 11 |
| 16 | Idées séduisantes | 16 | 4 | en | 5 |
| 17 | Émissions involontaires et secrètes | 15 | 2 | en | 4 |
| 18 | Jeunes filles frustrées et agitées des pâles couleurs | 14 | 1 | en | 100 |
| 19 | Masturbation dans les écoles | 13 | 12 | en | 13 |
| 20 | Jouissances en perspective | 12 | toutes. | ||
| 21 | Sur le bord de la consommation | 11 | 14 | en | 15 |
| 22 | Lenteur fatale | 10 | 1 | en | 11 |
| 23 | Espérances séduisantes | 9 | 1 | en | 2 |
| 24 | Mûre pour la jouissance | 8 | toutes au-dessus de 14. | ||
| 25 | Penchant de jeunesse | 7 | toute demois. à tout âge. | ||
| 26 | Plaisirs antidatés | 6 | 4 | en | 5 |
| 27 | Espérances flatteuses et attentes agitées | 5 | 3 | en | 9 |
| 28 | Lubricité temporaire | 4 | 3 | en | 4 |
| 29 | Pruderie judicieuse | 3 | 1 | en | 20 |
| 30 | Chasteté à contrôler | 2 | 4 | en | 1000 |
| 31 | [5] Insensibilité glaciale et froide | 1 | 1 | en | 10000 |
[5] «Le lecteur s'apercevra que nous avons pris cette échelle du haut en bas et de bas en haut, ayant envisagé l'Arétin dans chaque particularité.»
«... Miss Fa..kl..d, une des plus belles personnes de Soho square, débuta dans la vie galante à l'âge de 15 ans. Elle fut remarquée à cette époque par un major des Black-guards qui l'enleva et la tint pendant quelque temps prisonnière dans son château du Somershire. Mais le tempérament de Messaline dont elle était douée fut la cause de sa rupture avec son protecteur, qui, l'ayant un jour surprise dans les bras de son jardinier, s'empressa de la renvoyer à Londres, non sans lui avoir royalement garni la bourse pour acheter son silence. A Londres, elle mena joyeuse vie; elle ne négligea aucun des plaisirs capables d'assouvir les différentes passions de son âme; préférant donc les plaisirs de Cypris aux dons de Plutus, elle rejeta les offres avantageuses qu'on lui faisait journellement; elle se forma une société de jeunes gens roués et vigoureux qui, tour à tour, répondaient à ses désirs lascifs. Sa maison, en un mot, était devenue le palais enchanteur de la volupté; elle traitait avec la plus grande magnificence les favoris de ses plaisirs; elle récompensait le zèle de ceux qui n'étaient pas fortunés. Ce genre de vie sensuelle, auquel Mme W..p..le contribuait beaucoup par la gaieté et la vivacité de son imagination, l'entraînait dans des dépenses considérables; chaque jour elle voyait diminuer les dons du feu lord; elle s'aperçut bientôt que toujours dépenser et ne rien recevoir était le vrai moyen de se ruiner; elle résolut donc de réparer le déficit de ses finances, sans cependant renoncer à ses plaisirs; elle forma alors le dessein d'établir un sérail dans un genre différent des autres séminaires; elle fit part de son projet à Mme W..p..le, qui l'approuva et lui donna des avis à ce sujet. Pour mettre son plan à exécution, elle vendit une grande partie de ses bijoux. Elle loua dans Saint-James's-Street trois maisons qui se touchaient les unes aux autres; elle les fit meubler dans le goût le plus élégant; les appartements étaient ornés de glaces qui réfléchissaient de tous côtés les objets; elle fit pratiquer des escaliers de communication pour passer d'une maison dans l'autre. Elle appelle ces trois maisons les temples de l'Aurore, de Flore et du Mystère. L'entrée principale du sérail de Miss Fa..kl..d est par la maison du milieu, que l'on intitule le temple de Flore; la maison à gauche est le temple de l'Aurore, et celle à droite se nomme le temple du Mystère.
«Le Temple de l'Aurore est composé de douze jeunes filles, depuis l'âge de onze ans jusqu'à seize; lorsqu'elles entrent dans leur seizième année, elles passent aussitôt dans le temple de Flore, mais jamais avant cette époque; celles qui sortent du temple de l'Aurore sont remplacées sur-le-champ par d'autres jeunes personnes, pas plus âgées de onze ans, afin de ne pas faire de passe-droit; de manière que cette maison, que Miss Fa..kl..d appelle le premier noviciat du plaisir, est toujours composée du même nombre de nonnes.
«Ces jeunes personnes sont élégamment habillées et bien nourries; elles ont deux gouvernantes qui ont soin d'elles et ne les quittent point. On leur enseigne à lire et à écrire si elles ne le savent pas, ainsi qu'à festonner et à broder au tambour; elles ont un maître de danse pour donner à leur corps un maintien noble et aisé; elles ont également à leur disposition une bibliothèque de livres agréables, au nombre desquels sont La Fille de joie et autres ouvrages de ce genre, qu'on leur fait lire principalement, afin d'enflammer de bonne heure leurs sens; les gouvernantes sont même chargées de leur insinuer, avec une sorte de mystère, pour leur donner plus de désir, les sensations et les plaisirs qui résultent de l'union des deux sexes dans les divers amusements dont il est fait mention dans ces sortes de livres. On leur défend entre elles la masturbation; les gouvernantes les surveillent strictement à cet égard et les empêchent de se livrer à cette mauvaise habitude que l'on contracte malheureusement dans les écoles; elles ne sortent jamais; elles sont cependant libres de ne point demeurer dans cette maison, si elles ne peuvent pas s'accoutumer à ce célibat, mais elles sont si bien fêtées et si bien choyées qu'elles ne songent pas à la privation de leur liberté.
«Cet établissement, qui, dans le principe, a beaucoup coûté à Miss Fa..kl..d, lui est maintenant d'un grand rapport; elle s'assure, par cet arrangement, des jeunes personnes vierges qui, lorsqu'elles ont atteint l'âge prescrit pour être initiées dans le temple de Flore, lui produisent un bénéfice considérable. Cependant ces petites nonnes ont quelques visiteurs attitrés qui, à la vérité, sont hors d'état de préjudicier à leur vestalité. On ne peut être introduit dans ce noviciat que par Miss Fa..kl..d; il faut avoir, pour y être admis, plus de soixante ans ou faire preuve d'impuissance. Le lord Cornw..is, le lord Buck...am, l'alderman B..net et M. Simp..n sont les paroissiens les plus fervents de ce temple. Leur occupation consiste à jouer au maître d'école et à la maîtresse de pension avec ces jeunes personnes; pendant le cours des leçons, les gouvernantes ont seules le droit d'aller faire des visites dans les appartements qui servent de classe aux maîtres et aux écolières, afin d'observer si ces paroissiens paillards n'outrepassent pas les règles de l'ordre. Il est expressément défendu aux nonnes qui ne sont pas en exercice d'aller épier la conduite de leurs camarades. Ces jeunes personnes n'ont point de profits, les présents de leurs visiteurs suffisent à peine pour leur entretien et leur éducation.
«Le Temple de Flore est composé du même nombre de nonnes, qui sont toutes jeunes, jolies et fraîches comme la déesse dont cette maison porte le titre. Elles ont au premier abord un air de décence qui vous charme; mais dans le tête-à-tête elles sont d'une vivacité, d'une gaieté, d'une complaisance et d'une volupté inconcevables; elles sont également si affables, si spirituelles et si enjouées que les visiteurs sont souvent incertains sur leur choix; elles vivent ensemble de bonne union et sans rivalité. Miss Fa..kl..d pour entretenir entre elles la meilleure intelligence et pour ne point les rendre jalouses les unes des autres par le plus ou moins de visiteurs à leur égard, a établi pour loi fondamentale de leur ordre d'apporter en bourse commune les gratifications que leur font les visiteurs au delà du prix convenu, lesquelles sont, au fur et à mesure, inscrites sur un registre, versées ensuite dans un coffre destiné à cet usage, et partagées entre elles, par portions égales, le premier de chaque mois; si par hasard l'une d'entre elles (ce qui n'est pas encore arrivé) se trouvait convaincue d'avoir frustré la somme ou même une partie de la somme qui lui aurait été remise, elle serait sur-le-champ renvoyée par Miss Fa..kl..d, et tous les bénéfices qu'elle a reçus depuis le moment où elle est entrée dans ce temple jusqu'à cette époque lui seraient confisqués par Miss Fa..kl..d et partagés, sous ses yeux, entre ses camarades. Cette loi rigoureuse qu'elles jurent, lors de leur admission dans le sérail, de remplir scrupuleusement, établit parmi elles la franchise la plus sincère et les exempte de reproches et explications de préférence qu'elles pourraient continuellement se faire.
«Ces nonnes sont entièrement libres de quitter le sérail lorsqu'il leur plaît. Miss Fa..kl..d ne suit point, à leur égard, la règle commune des autres abbesses des séminaires, qui leur font payer les frais de leur entretien, de leur nourriture et qui leur retiennent, par nantissement, leurs habillements et le peu qu'elles possèdent, et les forcent même de demeurer malgré elles, jusqu'à ce qu'elles se soient acquittées de leur dépense. Miss Fa..kl..d les exempte de toute charge quelconque; elle pousse le désintéressement jusqu'à faire don à celles qui ont été élevées dans le temple de l'Aurore de tous les ajustements dont elles sont parées dans le sérail; mais toutes celles qui abandonnent la maison ne peuvent plus y rentrer sous aucun prétexte quelconque. Elles sont si bien traitées par Miss Fa..kl..d qu'elles ne songent point à s'en aller; d'ailleurs, les bénéfices de cette maison sont si considérables qu'elles sont assurées de s'amasser, en plusieurs années, une petite fortune.
«Miss Fa..kl..d est si généralement connue par ses égards, son attachement, son affabilité et son désintéressement envers ses nonnes qu'elle reçoit perpétuellement la visite de jeunes personnes de la plus grande beauté qui se présentent chez elle dans le dessein de se faire religieuses de son ordre; mais, s'étant fait une loi inviolable d'avoir toujours le même nombre de personnes et de ne jamais en renvoyer aucune, à moins qu'elle ne s'y trouve contrainte par de grands motifs ou que ses nonnes ne s'en aillent d'elles-mêmes, elle n'accepte point leurs offres, mais elle les enregistre dans le cas de place vacante.