AU NIL
Fils des antiques montagnes Africaines de la Lune!
Torrent de la pyramide et du Crocodile!
Nous t'appelons fertiliseur, juste au moment où
Un désert remplit l'horizon intime de notre vision.
Nourricier de nations basanées depuis l'origine du monde,
Es-tu si généreux? ou leurres-tu
Ces hommes pour qu'ils t'honorent, toi qui, entraîné avec peine,
Les repose pendant l'espace situé entre le Caire et Decan?
Oh! puissent ces imaginations noires se tromper! Elles se trompent sûrement;
C'est l'ignorance qui fait une étendue stérile
De tout ce qui est au delà d'elle. Tu arroses
De verts roseaux, comme nos rivières; et tu goûtes
Le plaisant lever du soleil. De vertes îles tu as aussi,
Et vers la mer tu te hâtes aussi joyeusement.
Février 1818.
A REYNOLDS
O toi dont la face a senti le vent de l'Hiver,
Dont les yeux ont vu les nuages de neige suspendus dans la brume
Et les faîtes des ormes noirs au milieu de la froide lueur des étoiles!
Pour toi le Printemps sera un temps de moissons.
Toi dont le seul livre a été la lumière
De l'obscurité suprême, dont tu t'es repu
Nuit après nuit, lorsque Phœbus était au loin!
Pour toi le Printemps sera un triple matin.
Oh! ne t'épuise pas en courant après la science! Je ne sais rien,
Et pourtant mes chants jaillissent naturellement avec la chaleur.
Oh! ne t'épuise pas en courant après la science! Je ne sais rien,
Et pourtant le soir écoute[1]. Qui s'attriste
A la pensée de la paresse ne peut être paresseux,
Et celui-là est éveillé qui pense qu'il est endormi.
19 février 1818.
[1] Attend une parole de moi.