[104]Décapité en 1535, sur l'ordre de Henri VIII, pour avoir refusé de prêter le serment de suprématie.—(Note du Traducteur.)

[105]Dans tout ce portrait de Clovis se fait jour, chez Ruskin, une tendance à ne pas donner de la dureté une interprétation morale trop défavorable, tendance qui existe aussi, il me semble, chez Carlyle (voir dans Carlyle, Cromwell, etc.). En ceci, il y a, je crois, deux choses. D'abord, une sorte de don historique ou sociologique qui sait découvrir dans des actions en apparence identiques une intention morale différente, selon le temps et la civilisation, et apparenter les formes extrêmement diverses que revêt une même moralité ou immoralité à travers les âges. Ce don existe à un très haut degré chez des écrivains comme Ruskin, et plus encore chez George Eliot. Il existe aussi chez M. Tarde. Deuxièmement une sorte de goût de l'imagination assez naturel chez un lettré très bon pour la sauvagerie inculte. Ce goût se reconnait même parfois jusque dans les lettres de Ruskin, à une certaine affectation de dureté et de non-conformisme. Lire dans le livre de M. de la Sizeranne, page 61, la réponse de Ruskin à un révérend endetté: «Vous devriez mendier d'abord; je ne vous défendrais pas de voler si cela était nécessaire. Mais n'achetez pas de choses que vous ne puissiez payer. Et de toutes les espèces de débiteurs les gens pieux qui bâtissent des églises sont, à mon avis, les plus détestables fous. Et vous êtes, de tous, les plus absurdes, etc., etc.»—(Note du Traducteur.)

[106]La légende s'empara plus tard de ce rapprochement et les murs d'Angoulême, après la bataille de Poitiers, passent pour être tombés aux sons des trompettes de Clovis. «Un miracle, dit Gibbon, qui peut être réduit à la supposition que quelque ingénieur clérical aura secrètement ruiné les fondations du rempart.» Je ne puis trop souvent mettre nos honnêtes lecteurs en garde contre l'habitude moderne de réduire toute histoire quelconque à la «supposition que», etc. La légende est, sans doute, l'expansion naturelle et fidèle d'une métaphore.—(Note de l'Auteur.)

[107]Allusion, me dit Robert d'Humières, à ce proverbe anglais: «L'Ethiopien ne peut changer sa peau ni le léopard ses taches.»—(Note du Traducteur.)

[108]Augustin Thierry, d'après la grammaire des langues germaniques de Grimm donnait: «Hlodo-wig célèbre guerrier, Hildebert, brillant dans les combats, Hlodo-mir chef célèbre».—Note du Traducteur.

[109]Quand? car cette tradition, comme celle du vase, implique l'amitié de Clovis et de saint Rémi, et un singulier respect de la part du roi pour les chrétiens de Gaule, bien que lui-même ne fût pas encore converti.—(Note de l'Auteur.)

[110]C'est une preuve curieuse de l'absence, chez les historiens médiocres, du plus léger sens de l'intérêt véritable de la chose qu'ils racontent, quelle qu'elle soit, que ni dans Gibbon, ni dans MM. Bussey et Gaspey, ni dans la savante Histoire des Villes de France, je ne puis trouver, dans les recherches les plus consciencieuses que me permet de faire ma matinée d'hiver, quelle ville était en ce temps la capitale de la Burgondie ou au moins dans laquelle de ses quatre capitales nominales—Dijon, Besançon, Genève et Vienne—fut élevée Clotilde. La probabilité me paraît en faveur de Vienne (appelée toujours par MM. B. et G. «Vienna» avec l'espoir de quel profit pour l'esprit de leurs lecteurs peu géographes, je ne puis le dire) surtout parce qu'on dit que la mère de Clotilde a été «jetée dans le Rhône avec une pierre au cou». L'auteur de l'introduction de la Bourgogne dans l'Histoire des Villes est si impatient d'avoir à donner son petit coup de dent à ce qui peut, en quoi que ce soit, avoir rapport à la religion, qu'il oublie entièrement l'existence de la première reine de France, ne la nomme jamais, ni, comme tel, le lieu de sa naissance, mais fournit seulement à l'instruction des jeunes étudiants ce contingent bienfaisant que Gondebaud «plus politique que guerrier, trouva au milieu de ses controverses théologiques avec Avitus, évêque de Vienne, le temps de faire mourir ses trois frères et de recueillir leur héritage».

Le seul grand fait que mes lecteurs auront tout avantage à se rappeler, c'est que la Bourgogne, en ce temps-là, par quelque roi ou tribu victorieuse que ses habitants puissent être soumis, comprend exactement la totalité de la Suisse française, et même allemande, jusque Vindonissa à l'est, la Reuss, de Vindonissa au Saint-Gothard, en passant par Lucerne, étant sa limite effective à l'est; qu'à l'ouest, il faut entendre par Bourgogne tout le Jura, et les plaines de la Saône, et qu'au sud elle comprenait toute la Savoie et le Dauphiné. Selon l'auteur de la Suisse historique, le messager de Clovis fut d'abord envoyé à Clotilde, déguisé en mendiant, tandis qu'elle distribuait des aumônes à la porte de Saint-Pierre à Genève, et c'est de Dijon qu'elle partit et s'enfuit, en France, poursuivie par les émissaires de son oncle.—(Note de l'Auteur).

[111]Clovis et Théodoric.—(Note du Traducteur.)

[112]La basilique de Saint-Pierre et Saint-Paul. Voir l'abbé Vidieu, Sainte Geneviève, patronne de Paris.—(Note du Traducteur.)