Elle est seulement attribuée à certains passages dictés à certains moments en vue de nécessités spéciales; et il n'est pas possible d'attacher l'idée de vérité infaillible à aucune forme de ce langage humain dans lequel même ces passages exceptionnels nous ont été donnés. Mais du volume entier qui les renferme tel que nous le possédons et le lisons, tel, pour chacun de nous, qu'il peut être rendu dans sa langue natale, on peut alarmer et démontrer que, quoique mêlé d'un mystère qu'on ne nous demande pas d'éclaircir ou de difficultés que nous serions insolents de vouloir résoudre, il contient l'enseignement véritable pour les hommes de tout rang et de toute situation dans la vie, enseignement grâce auquel, autant qu'ils y obéissent honnêtement et implicitement, ils seront heureux et innocents dans la pleine puissance de leur nature, et capables de triompher de toutes les adversités, qu'elles résident dans la tentation ou dans la douleur.

50. En effet le Psautier seul, qui pratiquement fut le livre d'offices de l'Église pendant bien des siècles, contient, simplement dans sa première moitié, la somme de la sagesse individuelle et sociale. Les Ier, VIIIe, XIIe, XVe, XIXe, XXIIIe et XXIVe psaumes bien appris et crus sont assez pour toute direction personnelle; les XLVIIIe, LXXIe et LXXVe ont en eux la loi et la prophétie de tout gouvernement juste, et chaque découverte de la science naturelle est anticipée dans le CIVe. Quant au contenu du volume entier, considérez si un autre cycle de littérature historique et didactique a une étendue qui lui soit comparable. Il renferme:

I. L'histoire de la Chute et du Déluge, les deux plus grandes traditions humaines fondées sur l'horreur du péché.

II. L'histoire des Patriarches, dont la vérité permanente est encore visible aujourd'hui dans l'histoire des races juive et arabe.

III. L'histoire de Moïse avec ses résultats pour la loi morale de tout l'univers civilisé.

IV. L'histoire des Rois—virtuellement celle de toute royauté, dans David, et de toute la philosophie, dans Salomon, atteignant son point le plus élevé dans les Psaumes et les Proverbes, avec la sagesse encore plus serrée et pratique de l'Ecclésiaste et du fils de Sirach.

V. L'histoire des Prophètes—virtuellement celle du mystère le plus profond, de la tragédie, de la fatalité perpétuellement immanente à une existence nationale.

VI. L'histoire du Christ.

VII. La loi morale de saint Jean qui trouve à la fin dans l'Apocalypse son accomplissement.

Demandez-vous si vous pouvez comparer sa table des matières, je ne dis pas à aucun autre «livre», mais à aucune autre «littérature». Essayez, autant que cela est possible à chacun de nous,—qu'il soit adversaire ou défenseur de la foi,—de dégager votre intelligence de l'association que l'habitude a formée entre elle et le sentiment moral basé sur la Bible, et demandez-vous quelle littérature pourrait avoir pris sa place ou rempli sa fonction même si toutes les bibliothèques de l'univers étaient restées intactes et si toutes les paroles les plus riches de vérité des maîtres avaient été écrites?