«On a pu assister, samedi dernier, dans le Derbyshire, à un spectacle intéressant et quelque peu inaccoutumé: Deux Amis vêtus à l'ancienne mode—dans le costume original des Quakers,—prêchant au bord de la route un vaste et attentif auditoire, à Matlock. L'un d'eux qui a, comme médecin, une bonne clientèle dans le comté, et se nomme le Dr Charles-A. Fox, fit un énergique appel à ses auditeurs, les pressant de veiller à ce que chacun vécût docilement à la lumière du Saint-Esprit qui est en lui. «Le Christ, au dedans de nous, était l'espoir de la gloire, et c'était parce qu'il était suivi dans le ministère du Saint-Esprit que nous étions sauvés par Lui qui devenait ainsi le commencement et la fin de la loi. Il recommanda à ses auditeurs de ne pas bâtir leur maison sur le sable en croyant au libre et facile évangile qu'on prêche habituellement sur les routes, comme si nous devions être sauvés en «croyant ceci ou cela». Rien, excepté l'action du Saint-Esprit dans l'âme de chacun, ne pourrait nous sauver, et prêcher quoi que ce soit hormis cela était simplement abuser les simples et les crédules de la manière la plus terrible.
«Il serait déloyal de critiquer un discours d'après un si court extrait, mais nous devons exprimer notre conviction à savoir que c'est l'obéissance du Christ jusqu'à la mort, la mort sur la croix, bien plutôt que l'action du Saint-Esprit en nous, qui constitue la bonne nouvelle pour les pécheurs.—Ed.»
En regard de ce morceau éditorial de la presse théologique moderne en Angleterre, je placerai simplement le 4°, 6° et 13° versets des Romains (en mettant en italique les expressions qui sont d'une plus haute importance et qui sont toujours négligées): «afin que la justice de la LOI soit accomplie en nous, qui marchons non selon la chair mais selon l'esprit... Car avoir l'esprit tourné aux choses de la chair, c'est la mort, mais aux choses de l'esprit, c'est la vie, et la paix... Car, si vous vivez pour la chair, vous mourrez; mais, si c'est par l'esprit que vous mortifiez les actes du corps, vous vivrez.»
Il serait bon pour la chrétienté que le service baptismal appliquât ce qu'il fait profession d'abjurer.—(Note de l'Auteur.)
[159]Cf. «Vous êtes peut-être surpris d'entendre parler d'Horace comme d'une personne pieuse. Les hommes sages savent qu'il est sage, les hommes sincères qu'il est sincère. Mais les hommes pieux, par défaut d'attention, ne savent pas toujours qu'il est pieux. Un grand obstacle à ce que vous le compreniez est qu'on vous a fait construire des vers latins toujours avec l'introduction forcée du mot «Jupiter» quand vous étiez en peine d'un dactyle. Et il vous semble toujours qu'Horace ne s'en servait que quand il lui manquait un dactyle. Remarquez l'assurance qu'il nous donne de sa piété: Dis pieta mea, et musa, cordi est, etc. » (Val d'Arno, chap. IX, § 218, 219, 220, 221 et suiv.). Voyez aussi: «Horace est exactement aussi sincère dans sa foi religieuse que Wordsworth, mais tout pouvoir de comprendre les honnêtes poètes classiques a été enlevé à la plupart de nos gentlemens par l'exercice mécanique de la versification au collège. Dans tout le cours de leur vie, ils ne peuvent se délivrer complètement de cette idée que tous les vers ont été écrits comme exercices et que Minerve n'était qu'un mot commode à mettre comme avant-dernier dans un hexamètre et Jupiter comme dernier. Rien n'est plus faux... Horace consacre son pin favori à Diane, chante son hymne automnal à Faunus, dirige la noble jeunesse de Rome dans son hymne à Apollon, et dit à la petite-fille du fermier que les Dieux l'aimeront quoiqu'elle n'ait à leur offrir qu'une poignée de sel et de farine,—juste aussi sérieusement que jamais gentleman anglais ait enseigné la foi chrétienne à la jeunesse anglaise, dans ses jours sincères (The Queen of the air, I, 47, 48). Et enfin: «La foi d'Horace en l'esprit de la Fontaine de Brundusium, en le Faune de sa colline et en la protection des grands Dieux est constante, profonde et effective» (Fors Clavigere, lettre XCII, 111.)—(Note du Traducteur.)
[160]Voir Præterita, I.—(Note du Traducteur.)
[161]Cf. Præterita, I, XII: «J'admire ce que j'aurais pu être si à ce moment-là l'amour avait été avec moi au lieu d'être contre moi, si j'avais eu la joie d'un amour permis et l'encouragement incalculable de sa sympathie et de son admiration.» C'est toujours la même idée que le chagrin, sans doute parce qu'il est une forme d'égoïsme, est un obstacle au plein exercice de nos facultés. De même plus haut (page 224 de la Bible): «toutes les adversités, qu'elles résident dans la tentation ou dans la douleur» et dans la préface Arrows of the Chase. «J'ai dit à mon pays des paroles dont pas une n'a été altérée par l'intérêt ou affaiblie par la douleur.» Et dans le texte qui nous occupe chagrin est rapproché de faute comme dans ces passages tentation de peine et intérêt de douleur. «Rien n'est frivole comme les mourants,» disait Emerson. À un autre point de vue, celui de la sensibilité de Ruskin, la citation de Præterita: «Que serais-je devenu si l'amour avait été avec moi au lieu d'être contre moi,» devrait être rapprochée de cette lettre de Ruskin à Rossetti, donnée par M. Bardoux: «Si l'on vous dit que je suis dur et froid, soyez assuré que cela n'est point vrai. Je n'ai point d'amitiés et point d'amours, en effet; mais avec cela je ne puis lire l'épitaphe des Spartiates aux Thermopyles, sans que mes yeux se mouillent de larmes, et il y a encore, dans un de mes tiroirs, un vieux gant qui s'y trouve depuis dix-huit ans et qui aujourd'hui encore est plein de prix pour moi. Mais si par contre vous vous sentez jamais disposé à me croire particulièrement bon, vous vous tromperez tout autant que ceux qui ont de moi l'opinion opposée. Mes seuls plaisirs consistent à voir, à penser, à lire et à rendre les autres hommes heureux, dans la mesure où je puis le faire, sans nuire à mon propre bien.»—(Note du Traducteur.)
[162]Cf.: «Comme j'ai beaucoup aimé—et non dans des fins égoïstes—la lumière du matin est encore visible pour moi sur ces collines, et vous, qui me lisez, vous pouvez croire en mes pensées et en mes paroles, en les livres que j'écrirai pour vous, et vous serez heureux ensuite de m'avoir cru» (The Queen of the air, III).—(Note du Traducteur.)
[163]Cf.: «Tout grand symbole et oracle du Paganisme est encore compris au moyen âge et au porche d'Avallon qui est du XIIe siècle, on voit d'un côté Hérodias et sa fille et de l'autre Nessus et Dejanire (Verona and other Lectures: IV, Mending of the Sieve, § 14).—(Note du Traducteur.)
[164]De même dans Val d'Arno, le lion de saint Marc descend en droite ligne du lion de Némée, et l'aigrette qui le couronne est celle qu'on voit sur la tête de l'Hercule de Gamarina (Val d'Arno, I, § 16, p. 13) avec cette différence indiquée ailleurs dans le même ouvrage (Val d'Arno, VIII, § 203, p. 169) «qu'Héraklès assomme la bête et se fait un casque et un vêtement de sa peau, tandis que le grec saint Marc convertit la bête et en fait un évangéliste».