—Vous verrez que le projet dont on m’a parlé ne s’exécutera pas plus que les miens. Sinon, nous le verrons!
[1] Petites barques, les paraos sont ornés de roseaux.—N. des T.
[2] Ciruela, personnage proverbial, dont on donne le nom à ceux qui se mêlent de ce qui ne les regarde pas.—Note des T.
XX
L’assemblée au tribunal[1]
C’était une salle de douze à quinze mètres de long sur huit à dix de large. Les murs, blanchis à la chaux, étaient couverts de dessins au charbon, plus ou moins laids, plus ou moins indécents, avec des inscriptions qui complétaient leur sens. Dans un coin, appuyés ordinairement au mur, une dizaine de vieux fusils à pierre parmi des sabres rouillés, des espadons et des casse-tête: c’était l’armement des cuadrilleros..
A une extrémité de la salle qu’ornaient des rideaux rouges sales se cachait, accroché au mur, le portrait de S. M. le Roi; sous le portrait, sur une estrade de bois, un vieux fauteuil ouvrait ses bras dépecés; devant, une grande table tachée d’encre, gravée et entaillée par des inscriptions et des monogrammes comme beaucoup de tables des tavernes allemandes fréquentées par les étudiants. Des chaises boiteuses et des bancs délabrés complétaient le mobilier.
Dans cette salle se tenaient les réunions, siégeait le tribunal, s’infligeait la torture, etc. En ce moment les autorités du pueblo et des divers quartiers y sont réunies; le parti des vieillards ne se mélange pas avec celui des jeunes, les uns et les autres ne peuvent se souffrir: ils représentent les conservateurs et les libéraux, seulement ces luttes politiques acquièrent dans les pueblos un caractère très violent.