Ibarra sourit et répondit d’un mouvement de tête qui équivalait à un oui comme à un non.
—Qui est-ce? demanda Maria Clara à Victoria en lui montrant un jeune homme qui les suivait.
—C’est... c’est un de mes cousins, répondit celle-ci, un peu troublée.
—Et l’autre?
—Ce n’est pas mon cousin, répondit vivement Sinang, c’est un fils de ma tante.
Ils passèrent devant le presbytère qui n’était certes pas la maison la moins animée. Sinang ne put contenir une exclamation de surprise en voyant brûler les lampes d’une forme très ancienne que le P. Salvi ne faisait jamais allumer pour ne pas dépenser de pétrole. On y entendait des cris et de sonores éclats de rire, on voyait les moines se promener lentement, remuant la tête en mesure, un gros cigare ornant leurs lèvres. Avec eux quelques laïques, qu’à leur costume européen on jugeait être des fonctionnaires, s’efforçaient de leur mieux d’imiter les bons religieux.
Maria Clara distingua la silhouette arrondie du P. Sibyla. Immobile sur son siège, était le mystérieux et taciturne P. Salvi.
—Il est triste! observa Sinang, il pense à ce que vont lui coûter tant de visites. Mais il ne dépensera rien: vous verrez qu’il s’arrangera pour faire payer tout aux sacristains. Et puis ses invités mangent toujours ailleurs que chez lui.
—Sinang! gronda Victoria.
—Je ne puis plus le souffrir depuis qu’il a déchiré la Roue de la Fortune; je ne me confesse plus à lui.