—Qu’as-tu fait? lui demandèrent ses amies.

—Je n’avais pas autre chose! répondit-elle en dissimulant ses larmes.

—Et que va-t-il faire de ton reliquaire? lui dit Victoria. Un jour on lui donna de l’argent, mais il l’éloigna de lui avec une canne; pourquoi l’aurait-il pris puisque personne ne veut rien accepter qui vienne de lui? Si le reliquaire pouvait se manger!

Maria Clara regarda avec envie les femmes qui vendaient des comestibles et haussa les épaules.

Mais le lépreux s’approcha du panier, prit le bijou qui brilla dans ses mains, s’agenouilla, l’embrassa, puis se découvrit humblement, le front dans la poussière où la jeune femme avait marché.

Maria Clara se cacha le visage dans son éventail et porta son mouchoir à ses yeux.

Cependant une femme s’était approchée du malheureux qui paraissait prier. A la lumière des lanternes montrant sa longue chevelure éparse et flottante, à sa mine amaigrie à l’extrême, on reconnut Sisa la folle.

Le lépreux, sentant son contact, poussa un cri et se leva d’un saut. Mais, au milieu des cris d’horreur de la foule, elle s’accrocha à son bras:

—Prions, prions! disait-elle. C’est aujourd’hui le jour des morts! Ces lumières sont les vies des hommes; prions pour mes fils!

—Séparez-la, séparez-les! il va infecter la folle! criait la multitude, mais personne n’osait s’approcher.