Le bruit de l’événement se répandit bien vite dans le pueblo. D’abord personne ne voulait y croire, mais quand il n’y eut plus moyen de douter, ce furent des exclamations de surprise.
Chacun, selon le degré de son élévation morale, faisait ses commentaires.
—Le P. Dámaso est mort! disaient quelques-uns; quand on l’a emporté, il avait déjà la figure inondée de sang et ne respirait plus.
—Qu’il repose en paix, mais il n’a que payé sa dette! s’écriait un jeune homme. Ce qu’il a fait ce matin au couvent n’a pas de nom.
—Qu’a-t-il fait? Il a voulu battre le vicaire?
—Qu’a-t-il fait? Voyons! Racontez-nous cela.
—Vous avez vu ce matin un métis espagnol sortir par la sacristie pendant le sermon?
—Oui, nous l’avons vu! Le P. Dámaso l’a bien regardé.
—Eh bien! après le sermon, il l’a fait appeler et lui a demandé pourquoi il était sorti. «Je ne comprends pas le tagal, Père», répondit le jeune homme.
«Et pourquoi t’es-tu moqué de moi en disant que c’était du grec?» lui cria le P. Dámaso en lui donnant un soufflet. L’autre riposta, ce fut une bataille à coups de poings jusqu’à ce qu’on fût venu les séparer.