—Señor, je m’appelle José, je suis le frère de celui qui a été tué hier.

—Ah! je vous assure que je ne suis pas insensible à votre chagrin... que désirez-vous?

—Señor, je veux savoir combien vous allez payer à la famille de mon frère.

—Payer? répéta le jeune homme sans pouvoir réprimer un mouvement d’ennui, nous reparlerons de ceci. Venez cette après-midi, car je suis pressé.

—Dites-moi seulement ce que vous voulez donner? insista José.

—Je vous dis que nous en parlerons un autre jour; aujourd’hui je n’ai pas le temps! dit Ibarra avec impatience.

—Vous n’avez pas le temps maintenant, señor? demanda José avec amertume en se plaçant devant lui. Vous n’avez pas le temps de vous occuper des morts?

—Venez cette après-midi, bonhomme! répéta Ibarra en se contenant; je dois à l’instant voir une personne malade.

—Ah! et pour un malade vous oubliez les morts? Vous croyez que parce que nous sommes pauvres...?

Ibarra le regarda et lui coupa la parole.