A la lumière, ils se regardèrent l’un l’autre, mais, à en juger par l’expression de leurs visages, ils ne se connaissaient pas. Cependant, nous qui les avons déjà vus, reconnaîtrons Elias dans le plus grand, à la voix mâle, et dans l’autre José, portant sa cicatrice à la joue.

—Coupez! dit celui-ci, sans cesser de l’observer.

Il écarta quelques os qui se trouvaient dans la niche et tira un as et un cheval. Elias allumait des allumettes l’une après l’autre.

—Au cheval! dit-il, et pour signaler la carte, il posa dessus une vertèbre.

—Je joue! dit José et, en quatre ou cinq cartes, il tira un as.

—Vous avez perdu, ajouta-t-il; maintenant laissez-moi seul, que je cherche ma vie.

Sans dire un mot, Elias s’éloigna et se perdit dans l’obscurité.

Quelques minutes après, huit heures sonnèrent au clocher de l’église et la cloche annonça l’heure des âmes, mais José n’invita personne à jouer; il n’évoqua pas les morts comme le lui commandait la superstition; il se découvrit seulement, murmurant quelques prières et multipliant les signes de croix avec autant de ferveur que s’il avait été le chef de la confrérie du Très Saint Rosaire.

La pluie continuait. Dans le pueblo, à neuf heures, les rues étaient déjà obscures et solitaires; les lanternes à huile que doit suspendre chaque habitant, éclairaient à peine un cercle de un mètre de rayon; elles ne paraissaient allumées que pour faire voir les ténèbres.

Deux gardes civils se promenaient d’un bout à l’autre de la rue, près de l’église.