Les deux soldats s’en saisirent et la conduisirent devant une lanterne pour la reconnaître. C’était José, mais les gardes, moins instruits que nous de sa personnalité, hésitaient, se consultaient du regard.

—L’alférez nous a dit qu’il avait une cicatrice! dit à voix basse le visaya. Où vas-tu?

—Commander une messe pour demain!

—N’as-tu pas vu Elias?

—Je ne le connais pas, señor! répondit José.

—Je ne te demande pas si tu le connais, imbécile! nous non plus nous ne le connaissons pas, je te demande si tu l’as vu.

—Non, señor.

—Écoute bien, je vais te dire son signalement. Taille à la fois haute et ordinaire, cheveux et yeux, noirs; tout le reste est ordinaire. Le connais-tu maintenant!

—Non, señor, répondit José ahuri.

—Alors, sulung[2]! brute, bourrique!—Et ils lui rendirent la liberté avec une bourrade.