[1] «Les Visayas ou Bisayas sont une population d’origine malaise qui, lors de l’arrivée des Espagnols possédait déjà une civilisation et une écriture spéciales. Ils demeurent dans les îles qui portent leur nom, excepté ceux qui se sont établis au Nord et sur la côte Est de Mindanao, dont la population musulmane se bisayarisera de plus en plus car certaines tribus ont accepté le christianisme et apprennent dans les écoles la langue bisaye. Au temps de la découverte, ils étaient tatoués; aussi avaient-ils reçu des Espagnols le nom de Pintados qui leur est resté jusqu’au XVIIIe siècle. Ils sont chrétiens; leur langue comprend plusieurs dialectes dont les plus importants sont le Cebuano et le Panayano.» F. Blumentritt.
En ces derniers temps, ils ont manifesté quelque disposition à séparer leur cause de celle des Tagals et à proclamer une République des Visayas, indépendante du gouvernement institué par Aguinaldo.—N. des T.
[2] Va-t’en!—N. des T.
LIII
Il buon di si conosce da mattina[1].
Dès le matin, la nouvelle se répandit dans le pueblo que, la veille au soir, de nombreuses lueurs avaient brillé dans le cimetière.
Le chef de la V. O. T. parlait de cierges allumés et décrivait leur forme et leur grosseur, mais il n’était pas bien certain du nombre, il en avait seulement compté plus de vingt.
Sœur Sipa, de la Confrérie du Très Saint Rosaire, ne pouvait tolérer qu’un membre de l’Association rivale pût seul se vanter d’avoir vu cet effet de la grâce de Dieu; Sœur Sipa, donc, bien qu’elle n’habitât pas près de là, avait entendu des lamentations et des gémissements, elle avait même cru reconnaître les voix de certaines personnes avec qui autrefois... mais, par charité chrétienne, non seulement elle leur pardonnait mais même elle priait pour elles et taisait leurs noms, ce qui la faisait incontinent déclarer sainte par tout l’entourage. Sœur Rufa en vérité n’avait pas l’oreille aussi fine, mais elle ne pouvait souffrir que Sœur Sipa eût entendu quelque chose et elle rien; aussi avait-elle eu un songe dans lequel lui étaient apparues non seulement des personnes mortes mais encore des vivantes; les âmes en peine demandaient une part de ses indulgences, notées régulièrement et thésaurisées. Elle pourrait dire les noms aux familles intéressées, ne demandant qu’une petite aumône pour secourir le Pape dans ses nécessités.
Un petit gamin, pasteur de son métier, qui se risqua à déclarer n’avoir vu rien de plus qu’une lumière et deux hommes coiffés de salakots eut peine à échapper aux insultes et aux coups de bâton. Il eut beau jurer, seuls ses carabaos étaient avec lui et auraient pu parler.