[3] Figuier banyan des Indes; cet arbre atteint des proportions gigantesques.—N. des T.
[4] Papayas, Carica papaya, L.—Lomboi, Eugenia Jambolana, Lam.—N. des T.
XI
Les souverains
Divisez et régnez.
Nouveau Machiavel.
Quels étaient les caciques du pueblo?
Ce n’était pas D. Rafael pendant sa vie, bien qu’il ait été le plus riche, qu’il ait possédé le plus de terres et que presque tous lui aient eu des obligations. Comme il était modeste et s’efforçait de retirer toute valeur à ce qu’il faisait, jamais un parti qui lui fut dévoué ne se forma au pueblo, et nous avons vu comment tous se levèrent contre lui aussitôt que sa fortune fut ébranlée. Serait-ce Capitan Tiago? Quand il arrivait, il est vrai qu’il était reçu en musique par ses débiteurs, ils lui donnaient un banquet et le comblaient de cadeaux, les meilleurs fruits couvraient sa table; si l’on chassait un cerf ou un sanglier, un quartier lui en était réservé; s’il trouvait beau le cheval d’un de ses débiteurs, une demi-heure après il le voyait dans son écurie; sans doute, on lui prodiguait toutes ces marques de respect et de dévouement, mais on riait de lui et, en secret on l’appelait Sacristan Tiago.
Serait-ce par hasard le gobernadorcillo? Celui-là était un malheureux qui ne commandait pas, il obéissait; il ne régnait pas, on régnait sur lui; il ne disposait pas, on disposait de lui; par contre, il devait répondre à l’Alcalde Mayor de tout ce qu’on lui avait commandé, ordonné, de tout ce dont on avait disposé pour lui, comme si tout était sorti de son idée; mais, ceci soit dit à son honneur, il n’avait ni volé ni usurpé cette dignité, elle lui coûtait cinq mille pesos et beaucoup d’humiliations et, étant donné ce qu’elle lui rapportait, il trouvait que c’était très bon marché.