—Je n’ai pas mangé, mais je n’ai pas faim; donne-moi de l’eau, je ne veux rien de plus.
—Si, mange, reprit la mère avec tristesse; je savais que tu n’aimais pas les sardines sèches, je t’avais préparé autre chose, mais ton père est venu, mon pauvre enfant!
—Mon père est venu? demanda Basilio, et instinctivement il examina la figure et les mains de sa mère.
La question de son fils peina Sisa qui comprit quelle était la pensée de l’enfant; aussi s’empressa-t-elle de répondre.
—Oui, il est venu et il a demandé après vous; il voulait vous voir; mais il avait très faim. Il a dit que si vous étiez de bons enfants il reviendrait vivre avec nous...
—Ah! interrompit Basilio, et ses lèvres se contractèrent avec déplaisir.
—Mon fils! reprit-elle.
—Pardonne-moi, mère! ne sommes-nous pas bien nous trois, toi, Crispin et moi? Mais tu pleures; je ne dis rien.
Sisa soupira.
—Tu ne manges pas? Alors couchons-nous, car il est déjà tard.