Murorum ingentes...)
ses Formulæ latinarum locutionum, et ses Observationes in Terentii Andriam et Eunuchum, ouvrages publiés, le premier en 1539, et le second en 1540.
Voilà donc notre cicéronien débarrassé de sa rude besogne des Commentaires. C’est alors, enfin, qu’il fut loisible au savant de s’abandonner à tout son zèle pour le triomphe de la science et la diffusion des lumières. Mais, cette fois, dans la sainte ferveur qui dévorait son âme, l’artisan du progrès intellectuel ne se contenta plus de penser et d’écrire: à son tour, il voulut avoir en main l’outil sublime de la pensée, ce glaive de justice, ce tonnerre à mille carreaux qui s’appelait (autrefois) la PRESSE.
Il se fit donc imprimeur. En d’autres termes, comme il le disait lui-même à François Ier, «se trouvant à repos avec mesnaige et famille (car il venait de prendre femme[98]; j’oubliais, Dieu me pardonne! d’en parler à mes lecteurs), il avoit voulu travailler pour mectre et rediger par escript quelques œuvres par lui inventez et composez, et aussi pour amender et corriger à l’imprimerie aulcuns livres utiles qui en avoient besoing, affin qu’il peust, avec ce peu d’intelligence et d’industrie que Dieu luy avoit presté, gaigner quelque honneste moyen de vivre, et aulcunement subvenir et aider à la décoration des bonnes lettres et sciences. En quoy faisant, il avoit mis ensemble quelque peu d’argent, avec lequel et l’aide de ses amis, il, despieça, leve quelques presses d’imprimerie, et soubz ycelles imprime et faict imprimer plusieurs beaulx livres, tenant boutique de librairie[99].»
Du reste, sa boutique, comme il l’appelle, se trouva bientôt parfaitement achalandée. «J’ay publicquement», dit-il encore à François Ier, dans une épître en rimes, qui fait partie de son Second Enfer:
............J’ay publicquement,
Depuis six ans, faict train de librairie,
Mettant dehors de mon imprimerie
Livres nouveaulx, livres vielz et anticques;
Et, pour les vendre, ay suivy les trafficques