— « Quoi de neuf, là-haut ?
— Rien de fameux ; on repose sur vous », dit le capitaine Mac Whirr. « Le second est-il déjà en bas ? Non ? Bon ; il va y être tout de suite… » M. Rout voudra-t-il le laisser parler dans le porte-voix ? — dans le porte-voix de la passerelle, car lui, le capitaine, allait y retourner aussitôt. Il y avait du désordre parmi les Chinois ; ils se battaient, paraît-il. « Tout de même pas permettre qu’on se batte… » M. Rout était parti, et le capitaine Mac Whirr pouvait sentir contre son oreille les pulsations des machines, le battement du cœur du navire. La voix de M. Rout cria quelque chose à distance. Le navire piqua du nez, les pulsations s’arrêtèrent net dans un faisceau de sifflements. Le visage du capitaine Mac Whirr était impassible, son regard restait inconsciemment fixé sur la forme accroupie du lieutenant. La voix de M. Rout se fit entendre de nouveau dans les profondeurs ; les pulsations reprirent par lentes saccades — puis s’accélérèrent.
M. Rout était revenu au porte-voix :
— « Ça n’a pas beaucoup d’importance, ce que font les Chinois », dit-il hâtivement ; puis, avec irritation : « Le navire plonge, comme s’il n’allait jamais en revenir.
— Très grosse mer », fit la voix du capitaine Mac Whirr.
— « Prévenez-moi à temps pour éviter le plongeon final », aboya Salomon Rout dans le porte-voix.
— « Pluie et nuit. Peux pas voir ce qui vient » dit la voix. « Faut bien — garder vitesse — juste assez pour — obéisse gouvernail — courir la chance » continua-t-elle, détachant distinctement tous les mots.
— « Je donne tout ce que j’ose.
— Nous sommes — joliment — secoués là-haut » poursuivit la voix avec douceur. « Pourtant — ça ne va pas trop mal — Ah ! naturellement, si la timonerie était emportée… »
M. Rout, penchant une oreille attentive marmotta quelque chose avec aigreur. Mais la voix lente et avisée là-haut, s’anima pour demander :