Quelques jours après, je signais mon engagement.
Le général commandant le poste, surpris de ma belle main, m'attacha tout de suite à sa personne, malgré les protestations du docteur, et à partir de ce jours je fis partie de l'armée de la grande République.
Je me reconnus de réelles aptitudes pour ce noble état, et, quelques mois plus tard, les galons de caporal récompensaient mes efforts.
Ce grade fut une révélation pour moi, et, tout de suite, je me donnai l'étoffe d'un général.
C'est à partir de ce moment que mon âme a continuellement été rongée par une ambition effrénée…
Pardon, cher lecteur, une sonnerie de mon grade, au pas gymnastique, me force à quitter ici le Texas pour le Sahara algérien.
L'ordre porte que demain nous rencontrerons l'ennemi.
Les insurgés nous attendent dans les gorges de la montagne, et ma compagnie est désignée pour aller ravitailler un détachement de topographes dans ces parages-là.
C'est sur ma pauvre compagnie, paraît-il que Bou-Amema lancera ses foudre, et il pourrait bien se faire que je laisse à mi-chemin mes Expéditions autour de ma tente.
Quoi qu'il arrive, j'ai joui de mes huit jours de vacances, et si demain je me fais tuer en reprenant le harnais, j'aurai au moins livré au public vingt-deux chapitres d'une saine littérature, qui seront mon legs à la postérité.