Une dizaine de cavaliers sont culbutés; mais le gros arrive dans le convoi, y sème un grand désordre, et nous tue deux hommes.

Un clairon sonne le ralliement.

Sanglante ironie! à la suite de cette sonnerie, de tous les points de l'horizon nous arrivent de nombreux ennemis.

Partout ils sont vigoureusement reçus, et beaucoup roulent sur le sol; mais ils réussissent quand même à nous tuer quelques hommes.

Ces premières attaques repoussées, il se produit un moment de répit.

Mon capitaine appelle quelques goumiers, et leur promet une forte récompense s'ils peuvent franchir les lignes ennemies et avertir la colonne d'Aïn-ben-Khélil de notre position précaire.

Une vingtaine de ces auxiliaires répondent à l'appel et se lancent, bien montés, dans toutes les directions.

On remet de l'ordre partout, autant qu'il est possible; mais les chameaux, moutons, chevaux, effrayés par le bruit des détonations et les cris furibonds des assaillants, sont devenus incontrôlables.

En face de la foule innombrables des insurgés, mon capitaine se décide enfin à abandonner le convoi.

En conséquence, il envoie aux fractions éloignées l'ordre de tout lâcher et de se replier sur lui le plus tôt possible, tout en restant compactes.