Nous résistons victorieusement cependant, et au moment où nous arrivons pour dégager le capitaine, je me sens frappé. Je tombe, et ma tête heurte violemment le sol.
Une foule de chevaux, chameaux, me passent par-dessus; les balles sifflent aux oreilles, m'effleurent le visage, mais je ne suis pas touché. Je perds enfin conscience de ma position.
Je me remets bientôt cependant, et, me relevant, je me débats comme un forcené.
Pendant longtemps je frappe à droite et à gauche, et au moment où mes forces épuisées allaient me trahir, il se fait un grand silence.
Tout a disparu: l'ennemi, repoussé, est allé se reformer.
Dans la lutte, nous avons été entraînés à une centaine de mètres du capitaine, dont j'aperçois le cheval hébété près du corps de son maître.
Je rassemble les quelques hommes qui nous restent, et nous courons de nouveau au secours de notre chef.
Nous sommes près de lui; mais une nouvelle charge nous arrive.
Il s'ensuit une affreuse bousculade que je me rappelle vaguement. Quand je reviens à moi, nous nous trouvons encore à une centaine de mètres de l'endroit où est tombé mon capitaine.
Nous nous portons de nouveau vers lui. Cette fois, nous y sommes. Deux hommes l'empoignent et essayent de le porter; mais il est très-gros, et le fardeau est par trop lourd. On cherche un mulet d'ambulance dans le désordre qui nous entoure, mais rien.