Il accompagne bien, mais il faut le suivre. Comme genre particulier, il arrive souvent trois mesures en retard à la fin de chaque morceau.

Les membres de l'orchestre négligent ce détail, auquel ils sont habitués. Comme c'est chez lui que l'on se réunit et qu'il donne à boire, il lui est permis d'aller jusqu'à quatre mesures de retard à chaque exécution.

En troisième lieu, vient le cornet.

C'est un loyal instrument auquel on ne peut reprocher que de légères absences. Ses pistons sont toujours embarrassés, et, aux endroits pathétiques, un son mat nous apprend qu'ils subissent un nettoyage.

Cela nuit un peu à l'harmonie de l'ensemble.

Une autre violon fait les secondes parties, et il a le mérite de ne rien savoir. Ce n'est pas un tort, car timide de caractère, il reste silencieux.

De plus, il est le beau-frère de notre sous-chef, et il sert à boire. De là, indulgence de nous tous à son égard.

Le trombone est tenu par un receveur des postes.

Ce précieux instrument se conduit assez bien. On ne peut lui attribuer que certains couacs, parfois embarrassants dans l'effet général du morceau.

Comme accessoire, nous avons aussi un ténor léger, âgé de cinquante-neuf ans.