Tous ces tableaux prennent des allures fantastiques, et sautillent capricieusement sous les moindres effets de la lumière.

Des colonnes nuageuses et transparentes entrecoupent çà et là ces visions féeriques, qui disparaissent comme par enchantement si un nuage sombre vient un instant obscurcir le soleil.

Ses schotts franchis, le terrain ne présente plus qu'une immensité de sable, accidentée de quelques pieds de thym ou de palmiers nains.

A un ou deux kilomètres plus loin, on sonne la grand'halte.

Nous prenons alors le second café, qui, avec celui du matin, compose toute la nourriture absorbée pendant l'étape.

L'expérience a prouvé que moins l'homme est lesté, plus il est apte à marcher. Un bon repas, le soir, prépare suffisamment aux fatigues du lendemain.

D'ailleurs, à ventre plein, mauvais jarrets.

Après une heure de repos, on se remet péniblement en route.

Les jambes ankylosées se refusent à fonctionner dès les premiers pas. Ce n'est qu'après avoir enfilé quelques centaines de mètres que l'insensibilité des articulations permet d'avancer sans trop souffrir.

Bientôt les visages renaissent à la vie, à la gaieté.