On est, dit-on, plus heureux en campagne qu'à la noce. Allons donc! Je vous jure, moi, que j'aime mieux être à la noce.

Quoi qu'il en soit de mes goûts je marche comme les autres, ayant confiance en l'avenir.

Quelques petits incidents jettent parfois une lueur de gaieté et d'entrain sur cette masse ambulante, confite en la fatigue.

La plaine fourmille de lièvres.

Avec son instinct craintif, ce pauvre petit animal reste blotti dans son gîte, espérant passer inaperçu. Un pied maladroit, qui va l'écraser, le force à débucher.

Comme il fait bon le voir courir! Comme nous envions sa légèreté, nous qui avons peine à mettre les pieds l'un devant l'autre!

Mais, hélas! il ne courra pas longtemps.

Tous ceux qui sont montés se lancent à sa poursuite, et organisent ainsi à l'improviste une vraie chasse à courre.

Les plus rapides ont coupé la route à l'animal, qui revient, affolé se heurter à la colonne. Il passe entre les jambes des troupiers, qui essayent en vain de l'assommer à coups de fusil.

Il échappe sain et sauf, mais les Arabes du convoi le guettent.