Ceux-ci sont très-adroits avec leurs matraques, qu'ils lancent au-devant du lièvre.

Un premier coup l'atteint dans les jambes. Il roule comme une boule.

Il est tué. Non.

Il se relève et repart dans une autre direction avec une ardeur nouvelle.

Cette fois une matraque, lancé d'une main sûre, l'étend roide mort. Il est ramassé. On lui coupe la gorge pour satisfaire aux prescriptions de Mahomet, qui veut que toute bête soit saignée par celui qui doit la manger.

Lestement la pauvre victime disparaît dans le burnous de son meurtrier, qui la vendra cinq sous à l'arrivé à l'étape.

Souvent les arabes prennent le lièvre au gîte.

Celui-ci, anxieux, ne bouge pas, comme toujours, espérant que cette multitude d'ennemis qui viennent le troubler chez lui, disparaîtront bientôt.

Mais il a compté sans l'Arabe. De son oeil perçant, l'ennemi a découvert l'animal, piteusement ramassé dans sa cachette de verdure.

Le chasseur, insouciant d'allures pour mieux tromper, marche contre le vent. Arrivé près du lièvre, il le cueille délicatement de ses cinq doigts, lui coupe la gorge et l'enfouit sous ses haillons.