A chaque étape se renouvellent ces scènes, qui perdent peu à peu de leur charme par leur fréquence.
En passant à un autre genre d'exercices, on voit quelquefois des fantasias ou mariages arabes.
La colonne arrive près de douairs amis.
On fête un grand mariage. Un jeune cheik vient d'épouser la fille d'un caïd.
Les membres des diverses tribus forment deux groupes nombreux.
D'un côté, les femmes, complètement enveloppées dans leur blancs haïk, suivent la mariée et poussent des cris aigus en signe de joie. Rien d'énervant comme ces bruits. Pour les accentuer davantage, les femmes se frappent la bouche à petits coups; elles interrompent ainsi les sons, et imitent le bruit grincheux de la crécelle.
L'héroïne de ce tapage s'avance stoïquement parmi cette foule, qu'elle domine de toute la hauteur de dromadaire sur lequel elle est juchée.
Habituée aux mouvements onduleux de cette bête du désert, qui oscille comme un vaisseau secoué par la lame, la mariée saharienne se balance mollement sur son palanquin caparaçonné d'or et de pierreries.
Le dromadaire, tout fier de porter un pareil fardeau, marche gravement à travers les sables mouvants, sans se laisser décontenancer par la fantasia furieuse qu'exécutent les hommes formant le second groupe.
Ceux-ci, montés sur de beaux chevaux arabes, font des tours d'adresse et de grâce devant la procession des femmes.