Rien de plus adroit que ces cavaliers indigènes.

Ils prennent une centaine de mètres d'avance sur le cortège, qui s'avance lentement. Se groupant alors par trois ou quatre, et tenant chacun un long fusil à la main, ils reviennent furieusement sur leurs pas, changeant à fond de train.

Arrivés près de la mariée, ils lancent leurs armes en l'air, les ressaisissent lestement et font feu d'une main, en même temps que d'un vigoureux coup de jarret ils exécutent une brusque volte-face avec leurs chevaux, qui s'arrêtent court, frémissant sur leurs jambes nerveuses.

Un maladroit laisse parfois tomber son arme.

Il continue à charger quand même, et, retournant bientôt en arrière, il passe près de l'endroit où repose son fusil, se penche sur l'étrier, enlève prestement le moukala, le fait tournoyer au-dessus de sa tête en un moulinet rapide, et le décharge en poussant des hourras formidables.

Le cavalier arabe, lancé à fond de train, ignore s'il existe.

Tout entier à la joie délirante qui s'empare de lui dans sa course folle, il perd conscience du danger, et abandonne sa monture à une ardeur qui tient de l'affolement. Les cavaliers se croisent, se coupent, se traversent les uns les autres, sans aucun souci des rencontres fatales qui souvent s'ensuivent.

Aussi, de graves accidents arrivent fréquemment.

Un jour, mon bataillon manoeuvrait en ordre serré. Un escadron de saphis faisait l'école des fourrageurs sur notre front.

L'officier qui dirige la manoeuvre ordonne un ralliement.