A ce cri, des bruits de branches qui se cassent d'habits qui craquent, de culottes qui se déchirent, se faisaient entendre; quelques-uns se laissaient tomber de l'extrémité des branches. Et quelle fuite! quelle panique!
Pendant les grandes chaleurs, c'étaient des baignades à n'en plus finir.
D'immenses radeaux étaient attachés au rivage, et nous y organisions nos plaisirs. Prenant un grande rame, que l'on plaçait en équilibre, un bout sous un plançon,[2] on s'en servait comme tremplin d'où l'on piquait des têtes splendides.
[Note 2: Tronc d'arbre équarri servant à la construction des navires.]
Quand il faisait trop froid, on se chauffait au soleil, sans se rhabiller, et l'arrivée d'une autre bande de gamins donnait le signal de nouveaux plongeons. Cela se renouvelait quinze fois par jour.
Le moyen de ne pas succomber à la canicule avec une vie pareille!
Aussi, un été, j'avais en même temps quatre clous dans le dos, deux plus bas, trois sur le genou gauche, un dans la tête et cinq sur la poitrine. Mais je me baignais toujours, et la canicule n'eut jamais raison de mon amour pour les plongeons.
Les bonnes petites histoires que l'on se racontait le soir, quand, mollement enfouis dans l'herbe, chacun couché sur le dos, regardait les étoiles!
Un grand garçon dont le père était guide de cage, [3] avait le monopole de ces choses.
[Note 3: radeau.]