L'homme courant toujours sur place, donne quelquefois au morceau de bois une impulsion de rotation si violente, que l'eau, soulevée par l'action, vole en l'air par-dessus la tête du flotteur, qui apparaît comme nageant dans un éblouissant arc-en-ciel, quand le soleil brille.
Un novice, non habitué à ce genre d'exercice, ne pourrait tenir un instant en équilibre sur le véhicule cylindrique du voyageur. En mettant un pied dessus, il serait tout de suite lancé à l'eau.
Ces légers aperçus de la vie accidentée de nos voyageurs canadiens me sont dictés par mes souvenirs. Mais je promets ici à ces vaillants garçons, qui forment une si grande partie de notre robuste population, de les étudier à fond quand je retournerai au Canada.
Si je ne contribue pas à agrandir leur gloire, j'essayerai au moins de les faire connaître davantage.
XXVII
UNE COLONNE CAMPÉE
On donne quelques jours de repos à la colonne.
Notre camp est installé à une centaine de mètres de l'ancienne redoute construite à Aïn-ben-Khélil, en 1852. Il a la forme d'un rectangle, dont les faces sont couvertes par l'infanterie.
Deux bataillons, une section d'artillerie, un escadron de cavalerie et les services administratifs nécessaires composent l'effectif.
Les avant-postes comprennent une escouade par compagnie. En cas d'alerte, la section seule à laquelle appartient l'avant-garde prend les armes. Les autres restent au camp et dorment, s'ils le peuvent.