Impossible de défaire les courroies du sac, un engourdissement complet ayant saisi les articulations. Un quart d'heure se passe avant de pouvoir se déboucler.

Ceci fait, autre difficulté. On ne peut déboutonner les guêtres. Une roideur énergique tient ferme la colonne vertébrale, qui refuse de fonctionner. Et… Aïe! oh! la la!… effort inutile, pas moyen de se baisser.

Le linge entièrement mouillé. Rien de sec.

Un frisson, prenant naissance à l'endroit du dos que cachait le sac, donne à tous de violentes secousses, où la fièvre a sa part.

Quelques-uns commencent à courir en tous sens. Bientôt une multitude de malheureux piétinant dans la boue avec rage, imitent les premiers.

Joli spectacle, et bonheur parfait!

Une demi-heure s'écoule avec ces exercices, aussi monotones que réjouissants. Un peu de souplesse revient aux membres paralysés. L'épine dorsale se soumet, et l'on déboutonne les guêtres. Le sang circule.

Les nuages deviennent bons garçons, et s'en vont peu à peu. Un lointain soleil risque un rayon discret, bientôt suivi de plusieurs autres.

Les habitants sortent des maisons. Ils nous apportent, qui du vin chaud, qui du lait, etc.

On trouve du bois sec. On allume du feu. On fait le café, que l'on boit bien chaud; quel soulagement!